LE BURN-OUT – PARTIE 2/2
Le burn-out est un processus complexe et profondément personnel. Pour mieux le comprendre, il est essentiel de s’appuyer à la fois sur des outils d’analyse objectifs, comme par exemple l’échelle de Holmes et Rahe, et sur des approches d’accompagnement telles que la méthode RPBO©.
Dans cet article, je partage aussi mon propre vécu : un témoignage sincère, pour mettre des mots justes sur ce que traverse une personne en burn-out, et peut-être, vous aider à reconnaître ce que vous vivez.
L’échelle de Holmes et Rahe
Aussi appelée « échelle des évènements de vie stressants », elle a été développée en 1967 par les psychiatres Thomas Holmes et Richard Rahe.
Elle vise à mesurer le niveau de stress qu’une personne peut ressentir en fonction des événements de vie qu’elle traverse.
Les chercheurs ont attribué un score à différents événements de la vie selon leur impact potentiel sur la santé. Plus le score total est élevé, plus l’individu risque de développer des problèmes de santé liés au stress.
Les limites de l’échelle :
- la perception du stress (variable d’une personne à l’autre)
- les ressources personnelles (résilience, soutien social, etc.)
- la culture, le contexte, etc.
Calculez votre score de stress manuellement
– Décès du conjoint : 100 points
– Divorce : 73 points
– Séparation : 65 points
– Séjour en prison : 63 points
– Décès d’un proche parent : 63 points
– Maladies ou blessures personnelles : 53 points
– Mariage : 50 points
– Perte d’emploi : 47 points
– Réconciliation avec le conjoint : 45 points
– Retraite : 45 points
– Modification de l’état de santé d’un membre de la famille : 44 points
– Grossesse : 40 points
– Difficultés sexuelles : 39 points
– Ajout d’un membre dans la famille : 39 points
– Changement dans la vie professionnelle : 39 points
– Modification de la situation financière : 38 points
– Mort d’un ami proche : 37 points
– Changement de carrière : 36 points
– Modification du nombre de disputes avec le conjoint : 35 points
– Hypothèque supérieure à 1 an de salaire : 31 points
– Saisie d’hypothèque ou de prêt : 30 points
– Modification de ses responsabilités professionnelles : 29 points
– Départ de l’un des enfants : 29 points
– Problème avec les beaux-parents : 29 points
– Succès personnel éclatant : 28 points
– Début ou fin d’emploi du conjoint : 26 points
– Première ou dernière année d’études : 26 points
– Modification de ses conditions de vie : 25 points
– Changements dans ses habitudes personnelles : 24 points
– Difficultés avec son patron : 23 points
– Modification des heures et des conditions de travail : 20 points
– Changement de domicile : 20 points
– Changement d’école : 20 points
– Changement du type ou de la quantité de loisirs : 19 points
– Modification des activités religieuses : 19 points
– Modification des activités sociales : 18 points
– Hypothèque ou prêt inférieur à 3 000 € : 17 points
– Modification des habitudes de sommeil : 16 points
– Modification du nombre de réunions familiales : 15 points
– Modification des habitudes alimentaires : 15 points
– Voyage ou vacances : 13 points
– Noël : 12 points
– Infractions mineures à la loi, contraventions : 11 points
Résultats
< 100 points
Stress modéré, risque évalué à 30%
En dessous de 100 points, le risque se révèle peu important. La somme des stress rencontrés est trop peu importante pour ouvrir la voie à une maladie somatique.
Entre 100 et 300 points
Stress élevé, risque évalué à 51 %
Ce résultat, statistiquement significatif, démontre que vous avez des risques de déclencher une éventuelle maladie somatique. Il est encore temps de ralentir, de prendre soin de soi.
> 300 points et +
Stress très élevé, risque évalué à 80 %
Si votre score personnel et professionnel de stress, vécus au cours des 12 derniers mois, est supérieur à 300 points, vos risques de présenter une maladie somatique sont très élevés.
Ce résultat suppose que vous avez eu à traverser une série de situations particulièrement pénibles et éprouvantes. Ne craignez donc pas de vous faire aider si c’est votre cas.
La méthode RPBO©*
(*Reconstruction Post Burn Out)
Sabine Bataille, sociologue du travail, consultante RH, fondatrice du Réseau RBPO© et auteure du best-seller « Se reconstruire après un burn-out, les chemins de la résilience professionnelle » – Editions Dunod, propose une méthode en plusieurs phases.
Cette approche permet aux personnes de se situer dans leur processus de rétablissement, d’estimer le temps nécessaire à leur reconstruction et de sécuriser chaque phase avant de passer à la suivante.
Les 12 étapes
- le temps du retrait (le jour de l’arrêt de travail prononcé par le médecin)
- le temps de l’arrêt
- le temps du repos
- le temps des ressources à stocker
- le temps de la réflexion
- le temps du désir (envie de se remettre en action)
- le temps du risque (peser le pour et le contre)
- le temps de l’écologie (équation désir/risques/bénéfices)
- le temps de « l’agir »
- le temps du pouvoir (être en capacité d’action)
- le temps du vouloir-agir (envie d’atteindre un but)
- le temps du pouvoir-agir (être en capacité de mouvement vers son but)
Les étapes 1 à 3 sont réservées à l’urgence pour la santé de la personne.
Les étapes 4 à 6 sont liées à la réflexion.
Les étapes 7 à 9 sont rattachées à l’épanouissement possible au travail.
Les étapes 10 à 12 sont destinées à la mise en action.
TÉMOIGNAGE
Burn-out : comprendre l’épuisement pour mieux se reconstruire
Quand tout s’accumule : l’effet boule de neige
Selon l’échelle de Holmes et Rahe, plus le nombre d’événements de vie stressants augmente, plus le risque de développer des troubles de santé est élevé.
Ce fut exactement mon cas à partir de 2019 – même si, entre nous, les années prédédentes n’avaient déjà rien d’un long fleuve tranquille… mais pour raconter tout cela, il me faudrait écrire une saga, pas un simple article.
A cette période, ma vie a été marquée par de grands bouleversements : envol de mon fils ainé (syndrome du nid vide), opération, mariage, déménagement, fausse couche, tensions familiales, maladie chronique (DNID)…
Chaque année apportait son lot de défis. La pression, la surcharge mentale et la fatigue n’ont cessé de croître au fil des évènements : pandémie, pression financière, soucis de santé, comportements familiaux toxiques, etc. Une accumulation insidieuse qui n’était qu’une bombe à retardement.
Résultats : un score de 509 points sur le barème de stress en 2020, 349 points en 2021 et 421 points en 2022 (sur 8 mois).
Des niveaux bien au-delà du seuil critique…
A ce stade, ma mémoire commençait à me faire défaut, je souffrais de plus en plus de douleurs chroniques, j’étais plus sensible aux virus, je tombais régulièrement malade et je mettais du temps à guérir. Des signes d’alerte que j’ai ignoré, ou auxquels je n’ai pas su faire de lien direct.
Avec le recul, je pense qu’à ce moment-là, j’avais franchi un point de non-retour.
L’effondrement : quand le corps dit stop
En septembre 2022, alors que certains problèmes semblaient enfin derrière moi, c’est mon corps qui a lâché.
L’épuisement était tel que je ne pouvais plus marcher, ni me laver, ni m’occuper de mon fils, ni gérer mon foyer, ni aller au travail. J’étais littéralement vidée.
Je suis restée alitée pendant 3 semaines, dormant de très longues heures chaque jour, sans aucune énergie. Je n’avais même plus la force de me joindre à ma famille pour les repas : je restais isolée, incapable de participer au quotidien.
Je n’arrivais plus à penser, à réfléchir, à me souvenir… Ma tête aussi m’a dit stop.
Mon cerveau était à bout, saturé, comme s‘il avait débranché tous les circuits pour me forcer à m’arrêter.
Quand le verdict tombe
Lorsque j’ai consulté mon médecin traitant, qui m’avait déjà reçu pour des névralgies à répétition, ultimes interpellations corporelles négligées, il a d’abord pensé au syndrome post-Covid-19, plus connu sous le nom de « Covid long ». J’ai donc passé plusieurs examens et analyses de sang mais aucune cause médicale concrète n’a été trouvée.
Souffrant de crises d’angoisse depuis une vingtaine d’année, et ces dernières s’étant démultipliées, il m’a diagnostiqué une anxiété aiguë. Il m’a orienté vers un psychiatre et le diagnostic a été posé au bout de quelques séances : burn-out.
Ce n’était plus un signal d’alarme : c’était une urgence.
Mais pour moi le burn-out était un terme galvaudé, presque « à la mode », et je ne pensais pas que cela pouvait m’arriver. J’ai été dans le déni quelques temps alors même que tous les signes étaient là.
Des gestes simples, des victoires immenses
J’ai tout d’abord mis un terme à ma mission intérimaire qui s’éternisait depuis 13 mois, dans une société où je n’avais aucune perspective d’avenir et ce malgré un CDI promis dans l’annonce.
Ce poids en moins, le long chemin vers la guérison a commencé par le repos. Repos bref, car je me suis heurtée aux contraintes de la vie quotidienne : un déménagement en cours, un conjoint à l’étranger, et tout à gérer, comme d’habitude… comme une mauvaise habitude même, que j’allais devoir changer.
Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de mes amis, de Pauline (Éducatrice Spécialisée dans l’Accompagnement du Trouble de Panique & de l’Anxiété) et de mon psychiatre.
Enfin posée dans ma jolie maison, je me suis vraiment reposée et longuement. Mon époux et mon fils ont pris les choses en main et ont géré le foyer à ma place.
Chaque petit progrès a été une victoire : faire seule le tour du pâté de maisons, réussir à prendre une douche sans aide, ou encore préparer les repas et manger à table avec ma famille.
Ces gestes simples ont été des étapes cruciales dans la reconquête de mon autonomie.
Se reconnecter à soi
Ce burn-out est aussi une crise existentielle. Il a révélé une fatigue profonde, une perte de repères et un besoin urgent de redonner du sens à ma vie. J’ai compris que j’avais le droit d’aller mal. J’ai appris à déléguer, à me décharger mentalement et à m’accorder du temps.
Cela a commencé par des petites activités manuelles comme le scrapbooking, puis est venu le temps de la méditation et des exercices de respiration, avant d’intégrer progressivement des activités sportives.
Ma relation de couple a été mise à l’épreuve, mais elle en est ressortie renforcée. Grâce au dialogue, à l’écoute mutuelle et à l’amour, nous avons trouvé ensemble un nouvel équilibre.
J’ai trouvé ma place dans chaque domaine de ma vie.
Une résilience lumineuse
Dix mois après mon effondrement, guidée par de multiples signes et synchronicités, j’ai entamé une reconversion professionnelle vers le Reiki, une discipline profondément alignée avec mes valeurs et à ma nouvelle énergie.
Je sais à présent dire non, poser mes limites et écarter les personnes toxiques de mon chemin.
J’ai retrouvé mon énergie, surmonté le diabète, et j’évolue aujourd’hui dans un état de sérénité durable, fondé sur le respect de soi et la compassion envers moi-même comme envers les autres.
Après 2 années de reconstruction, j’ai créé ma petite entreprise, Résonance Sacrée à Gertwiller, un joli village alsacien. Je poursuis aussi des formations en massage bien-être pour élargir mes compétences, et transmettre, à travers chaque geste, de l’amour et de la bienveillance – des ressources précieuses auxquelles chacun a droit.
« Je suis devenue celle que je devais être et pleinement moi»
La force de renaître autrement
Dans la culture japonaise, le terme Karōshi désigne la « mort par surmenage » – une réalité tragique qui reflète les effets d’un dépassement des limites jusqu’à l’épuisement total.
Mon histoire rappelle que le burn-out n’est pas exclusivement professionnel : il peut frapper toute personne confrontée à une pression intense quelque soit l’origine : familiale, sociale, etc.
Ce point de rupture a marqué un retour à l’essentiel, guidé par le Reiki et un profond réalignement intérieur.
Le burn-out n’est ni une faiblesse, ni un échec. C’est une invitation à ralentir et à revenir à soi.
Avec du temps, du soutien, de l’amour et de la bienveillance, il est possible de se relever et de transformer le burn-out en véritable renaissance.
« Chaque chute porte en elle un appel sacré : celui de revenir à soi, en paix, en conscience, pour mieux rayonner vers les autres»
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